Abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes : une grande victoire des paysans, des riverains, des zadistes, et tous ceux qui, depuis un demi-siècle, ont su occuper le « terrain », médiatique, politique et scientifique.
La messe est dite. D’ici à la fin de cette semaine, le président de la République ou le Premier ministre – ou peut-être même Nicolas Hulot (qui a assez souffert pour mériter ce petit privilège) – annoncera l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. C’est une grande victoire des paysans, des riverains, des zadistes, et tous ceux qui, depuis un demi-siècle, ont su occuper le « terrain » dans tous les sens du terme, médiatique, politique et scientifique. C’est la victoire d’une intelligence collective qui, à force d’arguments, a fait vaciller les certitudes les plus arrogantes. Mais maintenant, quoi ? Que faire de ce vaste bocage ? Et de ceux qui l’occupent ?
Rêvons un peu. Supposons par exemple que Gérard Collomb soit invité à remiser dans la réserve les matraques de ses CRS, et Jean-Yves Le Drian les lance-grenades de ses gendarmes. Supposons que l’on ait juré en haut lieu, et une fois pour toutes, qu’il n’y aurait plus d’autres Rémi Fraisse. Supposons que l’on ait décidé de couvrir de ridicule ces articles de presse qui, avec ostentation, ont rendu compte ces dernières semaines de préparatifs guerriers, analysé les stratégies militaires, présenté la ZAD comme un camp retranché piégé de chausse-trapes et peuplé de terroristes avides de violences.


Couverture de l'Hebdo Politis N°1486
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